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Apprendre et comprendre l’ostéopathie

Encore inconnue quarante ans auparavant, l’ostéopathie est aujourd’hui une discipline paramédicale reconnue par le monde professionnel et l’État français. Elle se présente comme une discipline à part entière, avec ses propres fondements, ses méthodes de soins et de diagnostic. Comment comprendre et apprendre l’ostéopathie ?

La médecine ostéopathique a été reconnue en tant que telle par la loi Kouchner de 2002. Elle est également référencée par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé). Inventée par le docteur américain Andrew Taylor Still dans les années 1880, il n’existe à ce jour pas de définition officielle de cette discipline paramédicale. On peut la présenter comme une médecine alternative, non conventionnelle, douce, naturelle. L’ostéopathie est considérée à la fois comme un art, une philosophie et une science.

À la différence des pratiques purement médicales, l’ostéopathie ne soigne ni par les médicaments, ni par les instruments, mais par le geste. Comme le définit le référentiel de profession ostéopathique, « l’ostéopathie est l’art de diagnostiquer et de traiter, par la main, les dysfonctions de la micromobilité des tissus du corps, qui entraînent des troubles fonctionnels pouvant perturber l’état de santé ». La société internationale d’ostéopathie de Genève rajoute qu’il s’agit d’« une approche holistique de l’être, qui intègre à la fois le corps et l’esprit ». Enfin, le gouvernement français donne une définition administrative de la discipline : « l’ostéopathie et la chiropraxie constituent un ensemble de pratiques manuelles ayant pour but d’identifier les dysfonctionnements de mobilité du corps et d’y remédier par des techniques appropriées ». Mais cette description n’est pas acceptée par les deux corps de métier qui luttent pour faire reconnaître les spécificités de leurs pratiques médicales.

Une discipline à part entière

En de nombreux points, l’ostéopathie se distingue des autres filières paramédicales par son approche et ses manœuvres thérapeutiques. On la confond souvent avec la kinésithérapie, spécialisée dans la rééducation fonctionnelle. De nombreux masseurs-kinésithérapeutes se présentent comme ostéopathes, mais doivent passer par une formation professionnelle en ostéopathie pour exercer à ce titre. Il est aussi difficile de faire la différence entre ostéopathie et étiopathie. Cette science d’origine suisse est une approche essentiellement structurelle basée sur la recherche des sources profondes des problèmes de santé. Enfin, les chiropraticiens sont les seuls professionnels non-médecins autorisés aux manipulations vertébrales. Contrairement à l’ostéopathie, ils utilisent des instruments, et manipulent articulations et cervicales par la force.

La pratique ostéopathique répond à trois fondements essentiels qui font d’elle une discipline à part entière. Tout d’abord, l’être humain est une unité fonctionnelle. Il vit d’une dynamique commune entre physiologie, anatomie et psychologie. Ensuite, les différentes structures du corps (os, muscles, organes, cellules…) et leurs fonctions (digestive, respiratoire…) interagissent. Le défaut de l’une peut retentir sur l’autre et provoquer une lésion, voire des maladies. Enfin, le corps posséderait en lui toutes les ressources naturelles pour retrouver son équilibre. L’ostéopathe par la prévention et le soin, réactive ces fonctions de défense en évacuant les éventuels déchets par le mouvement.

On a tendance à croire que l’ostéopathie sert à débloquer les torticolis et les sciatiques, mais c’est faux ! Elle peut être très efficace pour l’insomnie, les migraines, les problèmes circulatoires ou de digestion par exemple. Le traitement ostéopathique s’effectue en trois temps. Il s’agit d’abord d’interroger le patient, à la recherche de traumatismes récents ou lointains subis par son organisme. Le professionnel entreprend ensuite un examen physique des différentes structures du corps (vertèbres, crâne, articulations, muscles, viscères). Il tente ensuite de supprimer les lésions par des manipulations à base de palpations, d’étirements et d’ajustements articulaires.

Devenir ostéopathe : un long apprentissage

Après sa reconnaissance en 2002, la sphère ostéopathique s’est penchée sur l’uniformisation de la formation de ses futurs praticiens. Après la réforme des agréments des écoles d’ostéopathie de septembre 2014, professionnels de santé, étudiants et syndicats sont désormais dans l’attente de la publication d’un référentiel de formation à faire appliquer dans tous les établissements agréés. Le texte est espéré pour fin 2014.

D’ici là, les établissements suivent les recommandations de l’OMS selon laquelle la formation doit se faire en cinq ans et compter 4200 heures d’enseignements, dont 1000 heures de pratique. L’application pratique est au cœur de l’apprentissage. Les élèves effectuent leurs premières manipulations non pas sur des mannequins, mais entre eux, en alternant le rôle de patient et praticien. Les stages d’observation ont lieu dès la 1re ou la 2e année, et les élèves passent peu à peu à la pratique. Les deux dernières années, ils doivent effectuer un certain nombre de consultations réelles encadrées, au sein des cliniques intégrées aux écoles.

L’OMS a mis en place un programme fictif basé sur des compétences de base, conceptuelles et techniques de l’ostéopathie. Durant leur formation, les élèves appréhendent l’histoire et la philosophie de leur discipline. Les connaissances des sciences fondamentales (anatomie, physique, biologie-biochimie, embryologie, biomécanique, cinétique, psychologie…), médicales (traumatologie, rhumatologie, sémiologie, pédiatrie, gynécologie-obstétrique, pharmacologie…) et cliniques (hygiène, santé publique, pathologie, nutrition, déontologie) sont très importantes. Les étudiants acquièrent également des compétences spécifiques pour l’élaboration d’un diagnostic, d’un plan de traitement, et en TMO (thérapie manipulative ostéopathique). Ils découvriront durant leur cursus les différentes approches ostéopathiques structurelles (blocages articulaires), fonctionnelles (organes internes) et crâniennes.

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